POLITIQUE

vendredi 10 juin 2011

LE MOULIN DE BERTAUD


Comme dans la chanson, en revenant de Nantes… vers Rennes, j’ai demandé à mon GPS de me faire un parcours hors autoroute, la nature Bretonne me relaxe, les routes sont très peu fréquentées et au détour d’un virage, entre deux hameaux se dessina soudain une colline avec un moulin à son sommet.



Malgré le faible vent, les ailes tournaient! sa situation en hauteur, dégagées de tout obstacle le lui permettait certainement.
Je cherchais le chemin pour y accéder et je le découvrais dans un petit virage juste avant de pénétrer dans le hameau adossé au bas de la colline.
Je ne tardais pas à arriver sur un vaste terre-plein où je découvrais un paysage d’un autre siècle, il ne manquait plus que la charrette et son cheval.

Le moulin était habité ! Du moins la vie l’habitait, un grondement rond et plein, toujours égal, sortait de par la porte vermoulue qui servait d’entrée. 

Là Jean-Pierre, s’affairait à "enfariner" (c'est le mot qui me vient à l'esprit mais ce travail s'appelle l'ensachage) un sac la gueule ouverte qui se remplissait petit à petit.

Ce "meunier" aurait pu s’appeler Bertaud, puisque c’est le Moulin de Bertaud, mais il s’appelle JEAN-PIERRE LEROUX, une personnalité hors du commun qui exerce un métier hors du commun, vieux de milliers d’années, il se dit : « Laboureur Meunier ».

En effet, il m'a expliqué qu'il prépare et laboure les champs des agriculteurs quand les grains à moudre ne sont encore que des grains à semer. 

On a parlé des sols qui deviennent de moins en moins riche, de la terre qui perd au court de ces dernières décennies beaucoup de ces minéraux et ses Oligo-Éléments, cela se voit physiquement, elle est ridée, elle se craquelle anormalement, s'éfritte sans consistance... une vrai préocupation pour un vrai amoureux de la terre, il en parle d'ailleurs avec passion!

Puis quand la saison s’avance, il troque son habit de Laboureur pour celui de Meunier.

Il produit lui-même, avec le certificat au label AB et ECOCERTE, différentes sortes de farines n’utilisant aucune autre énergie que celle du vent s’engouffrant dans les voiles tendues de les ailes de son moulin à vent, comme des mats croisés qui auraient pris leurs retraites en pleine campagne fatigués de la houle des vagues de la côte d’Armor.
En écoutant le bruit ronronnant des meules qui broient les grains, des grincements des ailes puissantes, en regardant autour ce paysage hors du temps et la vie de cet engin d’un siècle révolu, on a vraiment l’impression de faire partie du  paysage d'un film au décor à la  Jean Renoir qui me rappelle « Partie de campagne » tourné en 1936.

Il faut profiter ici & maintenant de ces moments de beauté naturelle qui au fond de nous, inconsciemment nous manquent véritablement. Épris et englués que nous sommes dans cette course au profit et aux possessions matérielles, inconscient de ce que nous sommes en train de perdre, cette richesse de vivre au rythme de la nature, en harmonie avec elle, c’est toutes ses pensées qui m’assaillirent alors
.
En plus cette opportunité nous offre la possibilité de faire notre propre pain. Car JEAN-PIERRE LEROUX produit ainsi naturellement grâce à ses meules muent par le vent de la Bretagne presque profonde, différentes farines:

-          1)  De la farine de Froment, (c’est tout simplement de la farine de blé, blé tendre en comparaison avec le blé noir, Sarrazin).


       2)  De Seigle (difficilement trouvable alors que cette farine permet en en mettant un quart dans d’autres farines de conserver plus longtemps son pain, contrairement à l’huile qui attaque et fait rancir le gluten).
-           
       3)  De Sarrazin (indispensable à nos chères galettes Bretonnes), mais il fabrique aussi

-          4)  De la semoule de blé (à base de blé dur elle permet de fabriquer nos pâtes « maison ».

       5)  Du gruau [le gruau vient de l’avoine ou du blé, la mouture est incomplète, les grains sont simplement débarrassés de leur enveloppe corticale, le gruau sert surtout pour des farines très fine pour la pâtisserie, à ne pas confondre avec les bouillies qui ont pris le nom "Gruau" par extension).

-          6)  Du son (coques de Sarrazin pour paillage) [le sons d’avoine est le meilleur pour réguler son poids, le minorer, lutter contre le cholestérol, le son de blé lutte contre la constipation et sert à la prévention du cancer du colon], les sons doivent être consommés avec modération. 

      Les coques de Sarrazin servent à faire du paillage (le paillage est un moyen de protection en général bio qui consiste à mettre une couche d’éléments divers pour protéger le sol des prédateurs ou des mauvaises pousses).



Tous ses produits sont labélisés AB Bio bien entendu, ainsi que du label ECOCERT.




En plus de cela JEAN-PIERRE LEROUX 
qui est définitivement très sympathique 
donne l’accès à son moulin 
pour des visites commentées.


C’est donc sur la butte de Bertaud que se perche le moulin.

Il a été construit au XVIIIème siècle. De type petit pied breton, il a été rehaussé et équipé du système Berton au XIXème.
Après 100 ans de répit les ailes tournent à nouveau. Jean-Pierre LEROUX, propriétaire et meunier, inspiré par Maître CORNILLE, restaure le moulin depuis 2005. Il est heureux aujourd'hui de vous le faire découvrir.
L'association du "Moulin de Bertaud", a été créée pour la mise en valeur du moulin pour des opérations touristiques, éducatives, culturelles et pédagogiques, elle vous attend pour des visites commentées et animées.
Voici les horaires des visites :
En saison : De mi-mai à mi-septembre tous les dimanches, le 15 Aout de 15h à 18h.
Hors saison : Tous les 2èmes dimanches du mois de 14h30 à 17h
Toute l'année : Groupes et scolaires/sur rendez-vous

Voici un avant gout de ce que vous y découvrirez.




 C’est une sortie très agréable aussi bien pour les grands que pour les petits, à part dans les films, on a jamais l’occasion de voir marcher un moulin à vent qui travaille vraiment, ça n’est pas seulement une reproduction qui sert de démonstration pour les touristes. 

Vous allez pouvoir y acheter ses farines que vous aurez plaisir à cuisiner et qui vous apporteront tous les nutriments que l’on ne trouve malheureusement plus dans le commerce des grandes surfaces qui sont vraiment à bannir. En plus à un prix vraiment raisonnable !

Par rapport au travail humain fourni, JEAN-PIERRE LEROUX force notre respect et notre admiration, il fait partie de notre patrimoine et l’on se doit de le préserver dans son environnement privilégié au même titre que les réserves d’animaux en voie de disparition !
LE MOULIN DE BERTAUD


Il ne m’en voudra pas de le comparer à un de ses animaux, les animaux agissent toujours beaucoup plus sagement que les humains qui n’ont rien trouver de mieux que de les nommer : « Bêtes ».

A ce propos, dans ma période chamanique en Afrique de l’Est, je discutais un jour avec un « guérisseur ».  Il me disait qu’il ne lui était pas possible que son savoir se borne à ce que ses ancêtres lui avaient transmis. L’homme est apparu relativement récemment sur la terre, par rapport aux animaux qui connaissent les plantes beaucoup mieux que lui. Il passait des heures à observer les grands singes se soigner de différents maux dont ils pouvaient souffrir en utilisant des plantes dont il pouvait ensuite se servir lui-même.

La nature dans tous ses règnes qu’elle soit du règne minéral, végétal, ou animal nous apprend énormément si l’on veut bien s’arrêter de courir nos chimères matérielles et égotiques, si l’on veut bien poser son cul par terre, sans avoir peur de salir son pantalon, et si l’on veut bien observer et faire corps avec elle.

POUR TOUT RENSEIGNEMENT SUR LA RÉGION

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